Beauty is a dark attitude — 2015

fragile

 

Belgian painter and actor Benoit Gob explores the impacts of power, dominance and aggression on a society, on every-day life of its members. In his intellectual game the vase functions as image of fragility. As the term “fragile” is connected with shards, every frail object holds the prospect / the possibility of breaking: An immanent state of used-to-be-frail.

For “Beauty is a Dark Attitude” Gob changes media, from painting to the more expressive moving images of performance and video, drawing a line from his artificially violent act in the gallery space to crucial questions of proportions of power.

Our neoliberal society is based on violent decisions – in politics and of the individual. What belongs to whom? Nations are not naturally grown entities. The act of drawing borders is an act of power. Europe as fortress, its external frontiers extremely visible today, as refugees are left dying in front of them. Inner-european borders, guarded armed or not, are permanently reestablished in the discussion where to place whom. Right-wing parties across Europe gain power, a phenomenon on the basis of and perpetuating dehumanization, of decisions: who belongs here, who has to stay out and why. Arbitrary and brutal.

Our status-quo, a fragile construct.

Astrid Sodomka, 2015

--> fr

Peintre belge et acteur, Benoît Gob explore les impacts du pouvoir, de la domination et de l'agressivité sur une société, ses citoyens et leurs vies quotidiennes. Dans ce jeu intellectuel, le vase devient image de fragilité. Le terme fragile sous-entend une composition qui tient à peu de choses, chaque objet fragile exprime la perspective / la possibilité de rupture : l’état toujours actuel, toujours éminemment présent, du
fait-pour-être-fragile.
Pour l'exposition Beauty is a dark attitude, Benoît Gob change de médium, allant de la peinture, aux objets et aux images en mouvement (vidéo), conférant une qualité expressive supplémentaire, traçant un chemin de la pensée, de son acte artificiellement violent dans l'espace de la galerie aux questions cruciales des inquiétantes proportions des jeux de pouvoir modernes.
Nos sociétés néolibérales sont fondées sur des décisions violentes, qu’elles soient politiques ou individuelles. Quoi appartient à qui ? Une nation ne pousse pas naturellement dans la nature. Établir des frontières est un acte de pouvoir.
À partir d'un acte destructeur, Benoît Gob crée un espace pour le regardeur, lui permettant ainsi d’entrer dans un fascinant jeu de perspectives : aller-retour vibrant entre position d’agresseur et d’agressé. La position de Benoît Gob reste double, car une fois son introduction destructrice exécutée, il travaille à refaire et recréer son action, devenant finalement restaurateur, voire curateur de son propre désordre.

 

Astrid Sodomka, 2015

(Traduction Emmanuel Schwartz)