Explo I — 2018

Video installation
In the spring of 2018, after an animated discussion with an artist friend about the freedoms that our consciousness gave us the opportunity to explore, we challenged ourselves to work on an idea that we did not yet have.
Start a project without directions, ideas or emotions.

An afternoon inspired by the sun, so I left home, looking for equipment. On the lookout for everything and anything.
When we search without knowing what we are looking for, everything can quickly take on another meaning, become irrelevant or the opposite.
I very quickly understood that I would not arrive at anything, that my step was vain ...
Search was ridiculous, things had to come to me. I just had to give them room. I went to sit in a park, enjoy the sun, and it is without too much conviction that I put my iPad and seized some sequences of an ordinary afternoon and harmless.

During the summer, on vacation far from all these concerns, surrounded by children, my wife and I were listening on the radio a report on Paul Valéry and I heard this "What would we be without the help of what does not exist not ? ".
I could not take this phrase out of my head all summer long, inspired by the imagination of children who invented worlds and explained life to themselves with a wand of magic.

Back in Brussels, I unloaded my iPad saturated with good memories. I saw again the shots I had filmed in the park before leaving.
I was fascinated by the simplicity of these moments.
Fascinated by their lack of "event" and because of this, the ease with which they could quickly be forgotten by everyone.
I looked at these images with the eyes of a candid child, without really understanding what escaped me and made me melancholy.


Paul Valery sounded in my head,
"What would we be without the help of what does not exist ? ".
What would I be without my ghosts, my fairy tales, my false pretenses?
Without the glorious productions of my childhood, whose illusions I unconsciously keep?
Man often lives with unjustifiable beliefs. He can not be content with a precise condition of his existence.
He needs fantasy, to believe in other worlds to ensure his prosperity.

I still often like to think of myself as a child without really getting tired of it, to other realities with unknown properties whose magic formulas escape me.
Benoit Gob
(Translation - Emmanuel Schwartz)
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Au printemps 2018, après une discussion animée avec un ami artiste à propos des libertés que notre conscient nous laissait la possibilité d’explorer, nous nous sommes lancés le défi de travailler à une idée que l’on ne possédait pas encore.

Commencer un projet sans avoir de directions, sans aucune idée, ni émotions.

Un après-midi inspiré par le soleil, je suis donc sorti de chez moi, en quête de matériel. À l’affût de tout et de rien.
Quand on cherche sans savoir ce que l’on cherche, tout peu rapidement prendre un autre sens, devenir sans importance ou le contraire.
J’ai très vite compris que je n’arriverais à rien, que ma démarche était vaine...
Chercher était ridicule, les choses devaient venir à moi. Je devais juste leur donner de la place. Je suis allé m’assoir dans un parc, profiter du soleil, et c’est sans trop de convictions que j’ai posé mon iPad et saisi quelques séquences d’un après midi ordinaire et anodin.

Pendant l’été, en vacances loin de toutes ces préoccupations, entourés d’enfants, ma femme et moi écoutions à la radio un reportage sur Paul Valéry et j’entendis ceci «Que serions-nous sans le secours de ce qui n’existe pas ? ».
Je ne pu m’enlever cette phrase de la tête tout l’été, inspiré par l’imagination des enfants qui s’inventaient des mondes et s’expliquaient la vie à coup de baguette magique.

De retour à Bruxelles, je déchargeais mon iPad saturé de bons souvenirs. je vis à nouveau les plans séquence que j’avais filmé dans le parc avant de partir.
J’étais fasciné par la simplicité de ces moments.
Fasciné par leur manque « d’événement » et de ce fait, la facilité avec laquelle ils pouvaient rapidement être oublié de tout le monde.
Je regardais ces images avec les yeux d’un enfants candide, sans vraiment comprendre ce qui m’échappait et me rendait mélancolique.

Paul Valéry résonna dans ma tête,
" Que serions-nous sans le secours de ce qui n’existe pas ? ".
Que serais-je sans mes fantômes, mes contes de fées, mes faux semblants ?
Sans les productions glorieuses de mon enfance dont je conserve inconsciemment les illusions ?
L’homme vit souvent de croyances peu justifiables. Il ne peut se contenter d’une condition précise de son existence.
Il a besoin de fantastique, de croire en d’autres monde pour assurer sa prospérité.

Il me plaît encore souvent de songer comme un enfant sans que je ne m’en lasse jamais vraiment, à d’autre réalités aux propriétés inconnues dont les formules magiques m’échappent.
Benoit Gob